En 1895, Edouard André écrit l’article « Les Nymphéacées de Temple-sur-Lot », dans la Revue horticole, p. 568 à 572,  où il décrit l’exploitation mise en œuvre par Bory Latour-Marliac entre Tonneins et Agen pour élever, multiplier et hybrider cette magnifique famille de fleurs aquatiques. Il dit combien ces nymphéas, ou « beaux lis d’eau » ont plu d’emblée au public d’Angleterre et des Etats-Unis, alors que la France les accueillait encore froidement. [Il aura fallu attendre la passion de Claude Monet pour cette famille végétale dont celui-ci se fournissait abondamment chez les Latour-Marliac pour ses pièces d’eau de Giverny pour que le public français se prenne d’engouement à son tour pour ces végétaux.]  Les commandes se mirent à affluer et le pépiniériste dut étendre ses bassins de culture sur de plus vastes proportions, parcourus de récipients en forme d’ovales irréguliers ou de « palmes de châles » construits en brique et en ciment et divisés en compartiments étanches qui permettaient de les isoler et de les visiter séparément. Dans son article,  Edouard André décrit les nymphéas rustiques, [dont font partie N. Robinsoniana et N. Andreana] et les semi-rustiques. On trouvera régulièrement de nouveaux articles de sa main sur ce sujet dans la Revue horticole jusqu’en 1900. Dès 1891, on pouvait trouver un article à propos de la culture de cette famille aquatique dans la Revue horticole écrit par Maurice de Vilmorin.

Un magnifique ouvrage extrêmement complet, écrit par Caroline Homes, Les Nénuphars et Bory Latour-Marliac, le génie à l’origine des nymphéas de Monet, vient de paraître chez Garden Art Press, Woodbridge,  en 2015. Il est traduit en français par Sandrine Carrières. A la fin des années 2000, l’auteur de cet ouvrage  se rendit à Temple-sur-Lot où elle a été reçue par les nouveaux propriétaires de la pépinière et de la propriété des Latour-Marliac, Barbara et Ray Davies, qui lui donnèrent généreusement accès aux archives tant professionnelles que familiales qui étaient restées sur place. Elle y puisa une mine d’informations sur ce monde extraordinaire des nymphéas à la fin du XIXe siècle, passion de Bory Latour-Marliac et de son réseau de commanditaires et d’amateurs éclairés à travers le monde, et tout particulièrement William Robinson.

 Il ne nous reste plus qu’à explorer à notre tour ces archives afin d’y rechercher les traces concernant la correspondance  et les liens avec Edouard André.

 

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